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MotoGP de Jerez, entre révélation et désillusion

MotoGP digest – semaine 15.
Alors que les camions sont déjà arrivés à Estoril, au Portugal, pour la quatrième manche du championnat du monde, attardons-nous encore un petit peu sur celle qui s’est déroulée, la semaine dernière, à Jerez.

Lors du premier rendez-vous de la saison, au Qatar, nous avions tous été agréablement surpris par le fait que Romano Fenati, rookie en Moto3, clôture la première course de son histoire en championnat du monde en seconde position, juste derrière le grand favori, Maverick Viñales.

La question était alors de savoir combien de temps mettrait le jeune italien avant de cueillir sa première victoire.

La réponse n’a pas tardé à tomber puisqu’il n’aura pas fallu patienter plus loin que le second rendez-vous.

Parler de victoire serait un peu léger tant sa course a plutôt ressemblé à une marche triomphale jusqu’à la plus haute marche du podium.

Sur une piste asséchante mais encore capricieuse, l’Italien est passé au travers de tous les pièges pour s’imposer avec…36 secondes et 139 millième d’avance sur Luis Salom. Cerise sur le gâteau, le rookie repart d’Espagne avec la tête du championnat du monde en poche.

Si Maverick Viñales reste le grandissime favori, question outsider, il a trouvé à qui parler.

En Moto2, Pol Espargaro a remporté une course interrompue par un drapeau rouge et qui, de toute évidence semblait promise à Marquez.

C’est d’ailleurs lui qui était en tête au moment où le drapeau en question a été brandi, mais vu que, pour établir le classement général, on prend en compte les positions des pilotes deux tours avant son brandissement, c’est Espargaro qui a remporté la mise.

Marquez reste donc solidement attaché à sa première place et ce d’autant plus qu’Andrea Iannone, second du général, n’a pu faire mieux que la quatorzième position finale…31 secondes derrière le vainqueur.

C’est une information importante car tout le monde pointait l’Italien de chez Speed Master, son écurie, comme un des plus importants challengers de Marquez pour le titre, à condition cependant de soigner sa régularité, mais comme on a tous pu le remarquer, il reste du travail.

Si nos amis français pointent l’énorme performance de Johann Zarco, qui s’est montré intraitable lors des séances sur piste humide, nos amis belges, quant à eux, ont eu le plaisir de voir la montée en puissance de Xavier Simeon. C’est certain Xavier ne connaît pas une progression fulgurante du genre à vous porter aux avant-postes  en un claquement de doigt, avant de disparaître pour ne jamais revenir.

Bien au contraire, Xavier monte doucement et méthodiquement en puissance. A chaque sortie, on le voit progresser, aussi bien mentalement que techniquement.

Chez Tech3, il est maintenant à la maison et les propos d’Hervé Poncharal sont d’ailleurs révélateurs lorsqu’il dit qu’il a, maintenant, un tout autre pilote devant lui.

Le belge est apprécié pour ses qualités de pilote, mais aussi pour ses qualités humaines et, à Jerez encore, on a senti que le top10 pourrait très vite devenir trop étroit pour lui.

Mais, à l’instar de ce que dit Johann Zarco, ne brûlons pas les étapes. Il est maintenant l’heure pour ces deux pilotes d’établir leurs quartiers dans ce top dix pour ensuite commencer à en gravir doucement les différents échelons, même si, ni l’un ni l’autre, ne se priveront de prendre plus si l’occasion se présente.

En MotoGP, Stoner a pris sa revanche en remportant la manche espagnole au nez et à la barbe de Jorge Lorenzo qui, après coup, a tenu à porter seul la responsabilité de son mauvais choix de pneus.

Pourtant, si l’Australien s’est montré le plus rapide, le meilleur homme sur la piste était sans conteste Dani Pedrosa.

L’Espagnol a péché par excès de prudence en début de course mais sans ça, son rythme l’aurait certainement poussé vers un cavalier solitaire.

Solitaire ? Non, car derrière lui, collé à son pneu, on a aussi assisté à l’incroyable course de Cal Crutchlow, le pilote Tech3.

Celui-là, c’est sans aucun doute LA révélation de ce début de saison. Impressionnant de bout en bout, il a, lui aussi, manqué de mordant en début de Grand Prix. Coincé en même temps que Pedrosa derrière Dovizioso, les deux lascars ont perdu trop de temps que pour espérer revenir sur Jorge Lorenzo et Casey Stoner. Dommage car on aurait pu avoir une somptueuse bagarre à quatre.

Au niveau des désillusions, on notera la qualification désastreuse de Valentino Rossi, à 3,4 secondes du chrono de la pole et à 2,5 secondes de son équipier, Nicky Hayden, qualifié en première ligne !

Rossi a vécu un week-end étrange ! Second sous la pluie, le vendredi, il rétrogradait de 10 positions le samedi en qualification.

Les critiques n’ont évidemment pas tardé à fuser ! Les uns estimant que le problème était le pilote, les autres la moto…

Et en fin de compte, après la course, cette troisième position de Hayden, en qualification, ressemblait plus à de la poudre aux yeux qu’à autre chose !

En effet, l’Américain clôture la course avec 28 secondes de retard, soit une seconde au tour, ce qui était déjà le retard de Ducati, en 2011 !

Et puis, il nous reste à vous toucher deux mots sur l’inconnue Spies ! L’Américain clôture son Grand Prix onzième et dernier pilote MotoGP, alors que Jorge Lorenzo, son équipier, termine à moins d’une seconde du vainqueur !

C’est un mystère que lui seul peut expliquer mais Ben est un introverti dont il est difficile d’avoir une information. Pourtant, s’il veut renouveler son contrat avec son employeur, l’explication, il va falloir qu’il la trouve…et vite !

Quant à nous, nous nous retrouverons la semaine prochaine pour le débriefing d’Estoril.

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