MotoGP digest – semaine 13.
La semaine qui vient de s’écouler a tourné autour de trois sujets, l’échec du couple Rossi-Ducati, le freinage de Marc Marquez sur Tom Lüthi lors du dernier tour du Grand Prix du Qatar et l’idée de Mike Webb, le directeur technique du MotoGP, de réduire les coûts et les performances des prototypes en limitant le régime des moteurs.
Commençons donc par le cas de Valentino Rossi.
Dixième à l’issue du premier Grand prix de la saison, le pilote italien décidait de laisser tomber les sourires et l’optimisme de façade à l’issue de la course pour exprimer, à la télévision, son ras le bol quant à la situation de Ducati.
Résultat de l’opération : Onde de choc généralisée, divorce dans l’air et rumeurs folles !
La plus folle d’entre-elle est certainement celle qui donnait Rossi en partance pour une Yamaha privée, mais fortement usine, avec Coca-Cola comme Sponsor !
Pas mal non plus celle qui parlait d’un divorce entre Borgo Panigale et le blond de Tavullia avant même le second Grand Prix de la saison, à Jerez !
Finalement, après que tout le monde ait donné son avis, que Gabriele Del Torchio, le boss des rouges de Bologne ait renouvelé sa confiance en Rossi et en son équipe technique, que Guareschi, le team manager, ait failli s’étrangler lorsqu’il a entendu parler de divorce, c’est Valentino Rossi lui-même qui, depuis Monza où il disputait la ‘Blancpain Endurance Series’, qui a sorti le drapeau blanc.
Ils continueront à travailler et à donner le meilleur d’eux-mêmes pour tirer la GP12 vers le haut…rien de neuf en somme. Rossi redevient le pilote d’essai qu’il est depuis novembre 2010 et Preziosi continue à se creuser les méninges pour améliorer une moto qui a clôturé la course du Qatar…à 28 secondes des leaders !
Continuons par le cas Marquez…
Que nous a-t-il encore fait le jeune prodige ?
Soulignons d’abord qu’il a remporté la course alors qu’il partait avec le handicap, par rapport à ses adversaires, de n’avoir pu prendre part qu’à un seul test hivernal des trois prévus au calendrier. Respect !
Mais Marquez, c’est aussi un jeune loup déterminé dont la détermination se traduit souvent en agressivité et dont l’agressivité se traduit parfois en erreur…vous suivez toujours ? Une seconde, après une telle phrase, votre rédacteur reprend son souffle.
Interlude….
Voilà, on y est ! Au Qatar, alors que Tom Lüthi (qui a dominé l’ensemble des séances) menait le peloton, ou du moins ce qu’il en restait, Marc Marquez a sorti de sa poche un freinage que Lüthi ne risque pas d’oublier.
Il faut dire que le Suisse s’est gentiment fait sortir de la piste en étant contraint de freiner sur le vibreur.
Résultat de l’opération : Marquez gagne, Lüthi tire tout droit, Marquez pensait avoir dépassé entièrement son adversaire, son adversaire lui met une droite sur l’épaule !
Gros rififi sous les yeux de la Commission de course qui décide de punir les deux pilotes, par un carton jaune…
Mouais, en attendant le Suisse a été privé de la victoire, ou du moins de la chance de se battre pour elle, et a dû se contenter de la cinquième place.
Evidemment, les critiques n’ont pas manqué de se faire entendre et la principale était de taxer la Commission de favoritisme en faveur des pilotes espagnols…et ce n’est pas Zarco qui vous dira le contraire, où Sofuoglu…on se souviendra aussi, à ce sujet, la sanction de Marco Simoncelli pour son dépassement sur Pedrosa, au Mans !
Nous on se rattachera à l’avis de Kevin Schwantz qui, tel un Maître Jedi, a choisi la voie de la sagesse. «Nous nous sommes tous demandés quel serait l’état de Marquez après l’hiver. Vu les rumeurs selon lesquelles il continuait à avoir des problèmes oculaires et qu’il ne reviendrait pas au plus haut niveau, c’était agréable de le voir se battre pour la victoire. Il a fait quelques erreurs, mais il y a toujours remédié. Je dirais qu’il est à 95 % de ses capacités. Mais seulement, il doit aussi respecter ses adversaires. Marquez a jeté Lüthi dehors, sans l’avoir d’abord dépassé complètement et il lui a fait perdre des points précieux. Il aurait pu causer un accident tout à fait évitable »
Enfin, nous terminerons, pour cette semaine, par la proposition de Mike Webb, directeur technique du MotoGP, qui a émis une idée pour les négociations avec les constructeurs.
Selon lui, pour réduire les coûts et les performances, c’est extrêmement simple, il faut limiter le régime moteur des MotoGP !
Nous nous sommes alors intéressés à l’avis des constructeurs…le voici : « Alors que Lin Jarvis, le team manager de Yamaha adoptait une position d’ouverture au dialogue, Shuhei Nakamoto, le vice-président du HRC, estimait qu’une telle limitation ne changerait pas la donne puisque, selon lui, elle ne ferait perdre, à ses motos, qu’un dixième de seconde au tour.
Par contre, l’avis de Filippo Preziosi était contradictoire par rapport à celui de Honda vu qu’il estimait que : « La question est de savoir si vous êtes intéressés à courir dans un championnat dans lequel la limite de régime est si faible qu’un moteur standard de production est bon pour la course. Quel est l’intérêt du constructeur ? ».
« A suivre l’avis de Nakamoto, l’idée de Webb serait tout à fait inutile tandis que si on choisit de suivre celui de Preziosi, l’impact serait tel, que ça en viendrait à priver Ducati d’intérêt à poursuivre l’aventure en MotoGP ».
Comme vous l’aurez remarqué, le texte est entre parenthèses…et la raison est simple. Nous vous invitons à visiter GP-Inside, ce soir, pour lire la réponse d’Alain Chevallier à cette proposition…elle ne manquera, ni d’humour, ni de pertinence, ni de sarcasme…
Bon, on se retrouve là-bas alors ?



